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Quel est l'impact environnemental du café en grain
Quel est l'impact environnemental du café en grain
Le café est l’une des boissons les plus consommées au monde, et son impact climatique commence bien avant la tasse, à la ferme.
Pour qui achète des grains, la question est de savoir quelle part de ce bilan lui revient vraiment. Cet article suit le café de la culture jusqu’à la tasse, et montre ce qui fait varier son impact.
Ce que mesure réellement le bilan d’un café en grain
Le bilan d’un café en grain dépend de l’étape où l’on s’arrête. Une revue de 34 études publiée en 2024 le montre bien.
Par kilogramme de grains verts, la médiane est de 3,6 kg CO₂e. Par kilogramme de café bu en boisson, elle atteint 8,8 kg.
Ces deux chiffres ne portent pas sur le même objet, donc ils ne se comparent pas directement.
Avant de comparer deux bilans
- Vérifiez que les deux bilans portent sur la même quantité de café : grains verts, café moulu ou tasse.
- Comparez les étapes couvertes, de la culture jusqu’à la tasse.
- Repérez si l’emballage est compté dans chaque bilan.
- Pour un café en grain livré par abonnement, voyez le guide du café éco-responsable en abonnement.
Bilan climatique : une empreinte très variable
Les repères ne portent pas sur la même étape. Le tableau les met côte à côte.
| Critère | Revue de 34 études | Étude finlandaise | Fiche Agribalyse |
|---|---|---|---|
| Objet mesuré | Boisson (médiane) | Café noir filtre, un litre | Café moulu, un kilogramme |
| Bilan climatique | , | 0,27 à 0,70 kg CO₂e par litre | 8,4 kg CO₂e par kilogramme |
| Part de la culture | 63 % (grains verts, médiane) | 32 à 78 % | , |
| Score DQR | , | , | 3,67 |
Lire un score DQR
Plus le score DQR se rapproche de 5, plus les données sont incertaines. Pour Agribalyse, il vaut 3,67. Les parts par poste sont des médianes d’études aux méthodes différentes, donc elles ne totalisent pas toujours 100 %. Pour les labels et l’impact social du café, voyez le guide du café équitable.
Culture du caféier : l’agriculture pèse le plus lourd
Engrais et émissions agricoles
Pour le café vert, la culture pèse plus que tout le reste. Dans la revue de 34 études, trois postes dominent : le changement d’usage des sols, les engrais et le traitement humide des grains.

Le défrichage d’une forêt pour planter des caféiers pèse donc lourd dans le total.
Les apports d’engrais azotés varient beaucoup, et leur total peut être sous-estimé :
- Les apports vont de 0 à 1 152 kg par hectare, la valeur du milieu étant de 177 kg.
- La moyenne atteint 215 kg par hectare, car les fermes varient fortement.
- Dans certaines études, l’azote des apports organiques n’est pas compté, donc le total reste trop bas.
Eau et traitement humide
Trois mesures d’eau
-
Irrigation
De 293 à 5 825 litres par kilogramme de café vert. C’est le poste le plus lourd.
-
Traitement humide : eau prélevée
De 11,4 à 15,2 m³ par tonne de café vert, 13,7 m³ en moyenne.
-
Traitement humide : eau consommée
De 0 à 100 m³ par tonne, 22,6 m³ en moyenne. Une partie de l’eau prélevée est rejetée ou recyclée.
Sols, forêts et biodiversité
Sans arbres, la plantation remplace la forêt par des rangées de caféiers. Le sol reste nu, et la pluie entraîne engrais et terre vers les rivières.
Avec des arbres d’ombrage, c’est différent : ils peuvent stocker du carbone et soutenir la biodiversité, mais l’effet dépend du couvert et des pratiques. Pour les pratiques bio, voyez le guide du café bio en grains.
Ombrage, agroforesterie et biodiversité : ce qui change la donne
Les systèmes agroforestiers soutiennent mieux la biodiversité que les monocultures. Dans 57 % des cas étudiés (11 cas), aucun compromis n’apparaît entre rendement et biodiversité.

Pour les pollinisateurs, 85 % des 16 cas étudiés montrent un lien positif avec le rendement. Les rendements peuvent être proches, mais ils dépendent des pratiques et de l’ombre. L’intensification, elle, pèse sur les sols, l’eau et les milieux.
Ombrage et rendement
Ombrage de 35 à 50 %
Avec 100 à 250 arbres par hectare, le rendement peut être comparable à celui du plein soleil. Au Chiapas, au Mexique, un couvert de 23 à 38 % l’augmente.
Ombrage au-delà de 50 %
Au-delà de 50 %, le rendement baisse. Pour comparer les modes de culture, voyez impact environnemental du café bio.
Préparation : la machine et l’énergie font la différence
Appareils comparés
Les machines automatiques et à capsules pèsent le plus sur le bilan d’une tasse. La presse et le filtre goutte-à-goutte pèsent le moins.

La veille compte aussi : la machine reste allumée sans servir. Une machine à capsules consomme 0,002 kWh en veille, contre 0,000604 kWh pour une machine à filtre. Pour choisir vos capsules, voyez le guide des capsules de café.
Comparer deux bilans
Comparez seulement des bilans sur la même quantité de café et les mêmes limites de calcul. Pensez aussi au chauffage et au maintien au chaud : ils modifient le résultat par tasse.
Les 12 heures de veille et les 30 minutes de maintien au chaud sont des hypothèses de calcul, pas des règles pour votre machine.
Veille, lavage et déchets
Trois postes pèsent chacun environ 18 % du bilan, mais leurs chiffres changent selon les études :
- Préparation : la part dépend de l’énergie utilisée et du maintien au chaud.
- Lavage des tasses : souvent non séparé de la préparation dans les études.
- Déchets : les hypothèses sur le marc de café et son traitement varient.
- Pour les capsules, voyez le guide sur les capsules de café.
Ce qu’il faut regarder pour réduire l’impact de sa tasse
Le levier le plus lourd est la culture du caféier et le traitement humide, à la ferme. Les grains verts pèsent à eux seuls 63 % du bilan d’une boisson.
Vient ensuite la préparation : la dose de café et l’énergie de la machine font varier le bilan de chaque tasse. L’emballage vient en dernier.
Cinq choix concrets font varier le bilan de votre tasse :
- Pour un décaféiné, voyez le procédé sans solvant : le CO₂ remplace le solvant.
- Côté emballage, évitez les capsules : elles pèsent 18 % du bilan, contre 9 % pour les systèmes hors capsules.
- Pour le bio, voyez comment reconnaître un café bio à son label AB.
- Triez le sachet vide avec les emballages recyclables.
- Dosez juste : une dose trop forte gaspille du café dans chaque boisson.
Le bilan d’un café en grain dépend de l’étape choisie. Des grains verts, du café moulu et une tasse ne se comparent pas directement.
La culture du caféier reste le poste le plus lourd, donc c’est là que se joue la plus grande part du bilan.
Avant de comparer deux cafés, vérifiez que leurs bilans portent sur la même quantité et sur les mêmes étapes. Pour votre propre tasse, regardez ensuite la dose et la machine que vous utilisez.
Foire aux questions
Le café soluble a-t-il une empreinte plus faible que le café en grain ?
Pas de réponse simple : par kilogramme de café consommé, le résultat varie selon la boisson et les hypothèses de calcul.
Pour comparer un soluble et un café en grain, prenez deux bilans exprimés dans la même unité et couvrant les mêmes étapes.
Le café décaféiné a-t-il un impact environnemental différent du café non décaféiné ?
Rien ne permet de dire qu’un décaféiné pèse plus ou moins lourd qu’un café non décaféiné en général. Le résultat dépend du produit et des étapes incluses dans son bilan.
Pour trancher entre deux cafés précis, il faut donc comparer deux bilans qui couvrent les mêmes étapes et utilisent la même unité.
Un conditionnement de 10 kg réduit-il l’impact par kilo de café ?
Rien ne permet de dire qu’un sac de 10 kg réduit l’impact par kilo.
L’emballage pèse 9 % du bilan hors capsules en médiane, c’est-à-dire la valeur du milieu, mais ce chiffre ne vaut pas pour ce format. Pour comparer, rapportez le poids de l’emballage à chaque kilo de café.
Le marc de café peut-il diminuer l’impact de la consommation ?
Ça dépend surtout de ce qu’on fait du marc. Le bilan des déchets varie selon les études et leurs hypothèses, donc le gain exact ne se fixe pas à une seule valeur.
Triez ou valorisez votre marc selon les consignes locales de gestion des déchets.